Filières agricoles locales d'excellence : vendre un territoire

Vins, viandes, fromages... les produits d'excellence du terroir des Hautes-Pyrénées étaient à l'honneur lundi 24 octobre à l'occasion d'une nouvelle réunion de travail menée dans le cadre du Projet de Territoire.

La journée d'échange se déroulait pour l'occasion au Château Montus, propriété d'Alain Brumont, fervent défenseur de la gastronomie locale et connu pour avoir redonné au Madiran ses lettres de noblesse.

Inscrit dans l'agenda du chantier "économie résidentielle", l'objectif de la journée s'est décliné en trois points :

  • Identifier les freins et leviers au développement de ces filières emblématiques et y apporter des pistes de réponse ;
  • Capitaliser sur les expériences de chaque filière (retour sur expérience) ;
  • Déterminer les synergies possibles entre les filières et les acteurs (producteurs, artisans, restaurateurs, distributeurs...).

Le Département des Hautes-Pyrénées compte en effet un nombre conséquent de produits d'excellence identifiés. Ces produits, qui valorisent l'image du territoire, ont pour certains une reconnaissance nationale voir internationale, à l'image du Porc Noir de Bigorre ou des vins de Madiran. D'autres cependant, connaissent un développement plus modéré ou bien sont en cours de structuration.

C'est donc autour de trois tables de travail que les participants se sont réunis afin d'échanger et proposer des solutions pour tirer l'ensemble des filières vers le haut. Des producteurs, bien sûr, mais également des commerciaux, restaurateurs, et institutionnels. Assignés à un secteur spécifique - production, commercialisation, gouvernance - les participants ont passé la matinée à débattre avant de livrer leurs conclusions et projets d'action l'après-midi.

 

Jouer collectif et viser le haut de gamme

Responsable du groupe "organisation", Fanny Thuault, représentante de la Chèvre des Pyrénées, a été la première à faire le bilan de la matinée d'échanges. "Les agriculteurs ont pour la plupart des logiques de producteurs, ce qui est normal. Ils doivent désormais débloquer des logiques d'entrepreneurs pour mieux vendre leurs produits. Les liens que nous mettons en place avec les chambres des métiers permettent d'aller dans ce sens." Parmi les solutions et les leviers à mettre en œuvre : capitaliser sur un panier de produits évoquant l'identité de la Bigorre et des Pyrénées, un point qui sera évoqué à plusieurs reprises tout au long de la journée. Des programmes d'actions ont également été proposés comme la création d'une agora des filières "afin d'échanger sur des problématiques communes" ou encore du partage de fichiers clients pour la commercialisation.

"Certains producteurs pourraient ainsi profiter de la dynamique d'autres filières afin de vendre des produits du département sur le modèle d'un panier commun."

Un constat partagé par Fabienne Buzaud de la Chambre d’agriculture, pour qui la mise en avant de l’identité du terroir doit être capitale pour la commercialisation des produits : «Il nous reste encore à savoir sous quel nom nous devons vendre. Pyrénées ? Bigorre ? L’image des Pyrénées parait plus claire. Elle permet de faire la différence avec les autres territoires. C’est sur elle que nous devons miser au travers de l’authentique. » Pour aller dans ce sens, la création d’une marque commune aux filières locales, ou encore la création d’une maison des produits régionaux ont été évoquées. « La demande est bien là, mais la saisonnalité de certains produits ne les rend disponible en quantité qu’une partie de l’année. Il faut aussi que les filières soient capables d’anticiper et de prévoir la demande afin de répartir au mieux leurs ventes. »

Un besoin d’évolution sur lequel s’est également penché Jean-François Layrisse, représentant de l’Agneau des Pyrénées. « Nous avons besoin de faire évoluer les techniques de production de certains agriculteurs car toutes les filières ne sont pas adaptées à une logique de production intensive. » En étant mieux structurés, les producteurs pourront ainsi mieux vendre. « La mise en réseau des filières est essentielle. Nous sommes présents sur le même territoire mais nous ne savons pas toujours ce que font les producteurs voisins. »

Eleveur, producteur, acheteur, tous s’accordent à dire que c’est en travaillant ensemble que les filières pourront se développer. « Cette démarche commune rencontre à nouveau un grand succès, s’est félicité Michel Pélieu en clôturant la journée. Notre première étape consiste, je pense, à faire en sorte que les touristes et vacanciers qui découvrent notre territoire consomment des produits locaux. » Vendre les Pyrénées, c’est ce qu’a suggéré également Vincent Pacini, animateur de la journée : « Nous possédons un des terroirs les plus riches de France, il faut être capable de capitaliser dessus. Lorsqu’un consommateur achète un produit, il faut qu’il ait le sentiment d’acheter un territoire ». L’hôte de la journée, Alain Brumont, a enfin fait part de son expérience : « Il faut viser le haut de gamme, vouloir se placer tout de suite en haut de la pyramide. Toujours commencer par le haut, jamais par le bas, et tout est permis pour vous. »

 

Les filières présentes : la Châtaigne des Pyrénées, la Chèvre des Pyrénées, le fromage de Barousse, le fromage du Val d’Azun, le Haricot Tarbais, le mouton Barèges-Gavarnie, l’oignon de Trébons, le Porc noir de Bigorre, la poule noire d’Astarac-Bigorre, le Veau de l’Adour, le Veau Grain de Soie, les Vins de Madiran, l’Agneau des Pyrénées, truite des Pyrénées

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